En hiver, un hérisson devient difficile à voir, une hirondelle a quitté nos campagnes et un écureuil peut encore circuler dans les arbres. Ces animaux ne traversent pas la saison de la même façon. Pour les enfants de 5 à 10 ans, voici trois stratégies expliquées simplement, puis un jeu de classement avec six cartes à fabriquer et leurs réponses. Le rougegorge apporte une nuance utile : une même espèce peut comprendre des individus qui restent et d’autres qui migrent.
Trois façons de passer l’hiver
Hiberner : réduire fortement la dépense d’énergie
Pendant l’hibernation, le fonctionnement du corps ralentit beaucoup : la température corporelle diminue, ainsi que les rythmes cardiaque et respiratoire. L’animal utilise des réserves accumulées auparavant. Ce n’est pas seulement dormir une longue nuit. Des réveils peuvent survenir et coûtent de l’énergie ; on ne décrit donc pas un animal définitivement immobile jusqu’au printemps.
Le Muséum national d’Histoire naturelle distingue ce ralentissement profond d’un repos hivernal moins marqué. Dans notre jeu, le hérisson d’Europe et la pipistrelle commune illustrent l’hibernation. On ne généralise pas leur fonctionnement à tous les mammifères, ni à tous les ours.
Migrer : changer de région selon les saisons
La migration est un déplacement saisonnier entre des régions. L’hirondelle rustique qui se reproduit en France passe l’hiver en Afrique, où elle continue à rechercher des insectes. Elle ne s’endort pas dans son ancien nid. La disponibilité de nourriture compte dans les déplacements, comme l’explique la LPO sur la migration des oiseaux.
Un oiseau aperçu en hiver peut être resté près de son territoire, ou être arrivé d’une autre région. « Je le vois ici » ne signifie pas automatiquement « il n’a jamais voyagé ». Tous les oiseaux ne migrent pas, et ceux qui migrent ne suivent pas nécessairement le même trajet.
Rester actif : continuer à se nourrir en hiver
L’écureuil roux et le renard roux continuent à chercher leur nourriture. Leur rythme peut changer et leur pelage hivernal devient plus fourni. Se reposer dans un nid ou un terrier, même longtemps pendant une période froide, ne suffit pas à parler d’hibernation. Dans le jeu, « actif » signifie que l’animal poursuit des activités de recherche de nourriture au cours de l’hiver, pas qu’il bouge sans arrêt.

Préparer un jeu de six cartes
Une séance de 35 minutes se répartit en 8 minutes d’explication, 5 minutes pour reconnaître les animaux, 10 minutes de classement, 7 minutes de justification et 5 minutes de questions finales. La fabrication des cartes se fait avant, en 15 à 25 minutes selon les dessins. Une observation dehors, si elle est possible, constitue un autre temps de 10 à 15 minutes.
Pour un groupe de six enfants, réunissez cinq feuilles A4 un peu fermes, une règle, un crayon, des feutres et des ciseaux adaptés. Deux feuilles fournissent les six cartes de 10 × 14 cm : quatre tiennent sur la première, deux sur la seconde. Les trois autres feuilles deviennent les panneaux Hiberner, Migrer et Rester actif, posés côte à côte dans cet ordre. Gardez une petite place libre pour « À vérifier ».
Pour vingt-quatre élèves en quatre groupes de six, préparez quatre jeux, soit vingt-quatre cartes et douze panneaux : vingt feuilles A4 au total. Chaque enfant reçoit une carte au départ. Les panneaux restent des catégories d’explication, sans code couleur qui donnerait la réponse sur les cartes.
Les six cartes à copier ou dessiner
Au recto, inscrivez le nom et dessinez les repères indiqués dans le tableau. Au verso, copiez l’indice. Une illustration simple suffit ; le nom est le repère fiable de l’espèce. Si un enfant veut une image plus précise, l’adulte peut lui montrer la fiche de l’organisme cité, sans chercher un animal vivant pour servir de modèle.
| Carte et repères de dessin | Indice à copier au verso |
|---|---|
| 1. Hérisson d’Europe : dos couvert de piquants, petit museau, quatre pattes courtes. | Je passe une grande partie de l’hiver dans un abri de feuilles. Mon corps ralentit beaucoup et j’utilise mes réserves. |
| 2. Pipistrelle commune : petite chauve-souris brune, ailes membraneuses et petites oreilles. | En hiver, je reste dans un gîte abrité. Mon corps ralentit beaucoup quand les insectes sont rares. |
| 3. Hirondelle rustique : dessus sombre, gorge rouge brique et queue fourchue prolongée de deux filets. | Je me reproduis en France et passe l’hiver en Afrique. Je continue à y chercher des insectes en vol. |
| 4. Rougegorge familier : petit oiseau, dessus brun et poitrine orangée. | Certains d’entre nous restent près de leur territoire, d’autres changent de région. Ceux présents ici en hiver continuent à chercher leur nourriture. |
| 5. Écureuil roux : grande queue touffue, oreilles à pinceaux et ventre clair. | Je cherche encore des graines en hiver. Par grand froid, je peux me reposer davantage dans mon nid, mais je n’hiberne pas. |
| 6. Renard roux : museau allongé, oreilles pointues et queue touffue. | Je me déplace pour trouver des proies pendant l’hiver. Mon pelage est plus épais qu’en été ; je n’hiberne pas. |
Faire classer les cartes avec un vrai raisonnement
1. Décrire avant de décider
Présentez les six noms et laissez chaque enfant montrer un détail de sa carte. Demandez ensuite : « Que faut-il savoir pour choisir une stratégie ? » La réponse attendue concerne ce que l’animal fait en hiver. Avoir des plumes, des piquants ou une queue ne donne pas directement la catégorie.
2. Lire l’indice et proposer une place
Le premier enfant retourne sa carte. Il lit l’indice, ou l’adulte le lit, puis choisit un panneau et explique : « Je propose cette place parce que… » Le groupe peut demander un mot à réentendre. Chaque carte change de mains après la discussion pour qu’un enfant ne décide pas de tout le classement. Une hésitation va dans « À vérifier » et reste visible.
3. Traiter le rougegorge sans forcer une seule case
Posez la question : « L’indice parle-t-il de tous les rougegorges de la même manière ? » Les enfants peuvent placer cette carte entre Migrer et Rester actif, à cheval sur les deux panneaux. Ils peuvent aussi la poser dans l’activité en précisant qu’ils décrivent un individu présent ici pendant l’hiver. Cette dernière réponse devient incomplète si elle affirme que tous les rougegorges restent toute leur vie au même endroit.
4. Vérifier avec les explications
Une fois les propositions terminées, l’adulte utilise le corrigé ci-dessous. Pour déplacer une carte, on cite l’indice et la raison du changement. Le but est d’améliorer l’explication commune, sans élimination ni classement de vitesse. Six cartes doivent rester visibles à la fin, même si l’une occupe la frontière de deux catégories.
Le corrigé : six animaux, avec leurs nuances
- Hérisson d’Europe : hiberner. L’ONF décrit son abri de végétaux secs et son ralentissement hivernal. Les périodes dépendent des conditions ; un calendrier n’est pas un interrupteur qui endort tous les hérissons le même jour.
- Pipistrelle commune : hiberner. Le MNHN indique une période habituelle de novembre à fin mars. Cette petite chauve-souris est un mammifère ; son aptitude au vol ne la place pas automatiquement avec les oiseaux migrateurs.
- Hirondelle rustique : migrer. La fiche LPO précise son hivernage en Afrique. L’animal continue à vivre et à se nourrir dans une autre région ; migration et activité ne sont donc pas des contraires.
- Rougegorge familier : migrateur partiel, et actif là où il passe l’hiver. La LPO distingue des populations migratrices et d’autres plutôt sédentaires. On accepte une double place justifiée ; l’observation d’un individu ne révèle pas à elle seule son origine.
- Écureuil roux : rester actif. Il n’hiberne pas, comme le rappelle la fiche LPO sur l’écureuil roux. Ses repos et ses recherches de graines ne correspondent pas au ralentissement profond du hérisson.
- Renard roux : rester actif. La LPO précise qu’il n’hiberne pas. Sa fourrure s’épaissit et il poursuit la recherche de nourriture pendant la saison froide.
Adapter la séance à l’âge et aux difficultés
Avec les 5–6 ans, commencez par le hérisson, l’hirondelle et l’écureuil : une carte pour chaque stratégie. L’adulte lit des indices courts, puis introduit pipistrelle et renard. Le rougegorge arrive en dernier, comme carte à discuter ensemble. Une phrase orale justifie le choix ; aucune lecture autonome n’est exigée.
Avec les 7–8 ans, distribuez les six cartes d’emblée et demandez de retrouver le mot utile de chaque indice : réserves, déplacement ou recherche de nourriture. Avec les 9–10 ans, posez un problème supplémentaire : « Une hirondelle qui a migré est-elle encore active ? » Oui. Les panneaux montrent des stratégies dominantes, pas trois états totalement incompatibles. Le cas du rougegorge rend cette limite visible.
Si le groupe classe seulement d’après les dessins, masquez le recto et relisez le comportement. S’il croit qu’un animal au repos hiberne, comparez l’écureuil dans son nid et le ralentissement profond du hérisson. Si tous attendent l’avis du même enfant, faites proposer une justification à tour de rôle avant d’autoriser le déplacement de la carte.
Observer en hiver sans déranger les abris
Une fenêtre, un chemin ou un bord de parc permettent parfois de voir un rougegorge ou un écureuil. Gardez vos distances, restez calmes et notez ce que l’animal fait, avec le lieu et le moment. Dix minutes sans rencontre restent une observation valable : elles ne prouvent pas l’absence d’animaux dans le secteur.
Ne soulevez pas un tas de feuilles pour montrer un hérisson et ne cherchez pas une pipistrelle dans une fissure. Le Plan national d’actions pour les chiroptères décrit ses gîtes d’hibernation, qui ne deviennent pas des lieux de visite. La LPO rappelle le coût des réveils du hérisson. Aucune nourriture n’est nécessaire pour mener ce jeu. Si un animal semble en difficulté, l’adulte demande conseil à un centre de soins plutôt que de le manipuler avec les enfants.
Quatre questions pour finir
- Un animal qui vole migre-t-il forcément ? Non : notre pipistrelle hiberne.
- Tous les animaux vus ici en hiver sont-ils restés ici toute l’année ? Non : certains rougegorges arrivent d’autres régions.
- L’écureuil hiberne-t-il lorsqu’il se repose dans son nid ? Non : il poursuit des activités au cours de l’hiver.
- Pourquoi laisser tranquille un abri occupé ? Pour éviter de provoquer un réveil ou un déplacement qui coûte de l’énergie.
Gardez les cartes pour un nouveau classement au printemps et comparez les comportements saisonniers, sans changer les faits pour faire entrer toutes les espèces dans une case. Pour organiser d’autres séances, retrouvez nos activités d’hiver pour les enfants et nos jeux éducatifs.